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Rimbaud

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‘Le Bateau ivre’

04/05/2013

« Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l’ouragan dans l’éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N’auraient pas repêché la carcasse ivre d’eau…

Mais, vrai, j’ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L’âcre amour m’a gonflé de torpeurs enivrantes.
O que ma quille éclate ! O que j’aille à la mer !

Si je désire une eau d’Europe, c’est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai. »

Le premier post. Le plus difficile sans doute. Je suis amatrice de blogs depuis un petit moment maintenant, et lorsque je commence à en suivre un régulièrement, je ne peux m’empêcher d’aller jeter un oeil au premier article. On y explique souvent ses motivations, on y présente ses centres d’intérêt, on comprend le pourquoi. Oui, après tout, pourquoi vouloir partager son quotidien, ses pensées, ses idées et autres avec des inconnus? Est-ce que ce blog aura une vraie légitimité dans la « blogojungle »? Ai-je vraiment des choses à dire? Bref, autant de questions qui m’ont poussée à ne pas sauter le pas. Et puis, un jour, cela devient une évidence. « Il faut que je fasse quelque chose de ces dix doigts, qui tambourinent le clavier! » Un événement, mais que je ne dévoilerai pas tout de suite.  Ensuite, vient le moment de choisir et d’expliquer le nom du blog. Pour moi ce sera « le canard ivre ». Je n’ai pas longuement hésité. À vrai dire, je me rappelais d’un long poème d’Arthur Rimbaud que j’avais appris au collège. Il s’appelait Le Bateau ivre. Il raconte comment un bateau rompt ses amarres, et retrace les aventures maritimes de l’épave à la dérive. Lorsque j’ai re-découvert cet enchaînement de tableaux de la mer, qui se suivent, se chevauchent, se superposent, je me suis laissée remplir par ce spectacle étourdissant. Ivre ou plus lucide, je me suis appropriée cette allégorie de la révolte, cette nostalgie d’une autre époque, cette « plénitude du grand songe ». Un peu comme le bateau, je pars à la dérive. Espérons que la mer sera clémente.

En un mot, je ne sais pas où toute cette histoire de blog va m’amener, mais j’ai pas mal de choses en stock. Aussi décousues que moi, elles peuvent ne pas avoir de lien entre elles, elles peuvent se ressembler. Le seul impératif sans doute que je me suis fixée, c’est de m’amuser, d’oublier les tabous, et de partager…

À bon entendeur!